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AESH : rôle, missions et notification par la MDPH

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AESH : rôle, missions et notification par la MDPH

Un AESH, accompagnant d’élève en situation de handicap, est un adulte affecté par l’Éducation nationale pour aider un enfant handicapé à apprendre et à vivre la classe, aux côtés de l’enseignant. Ni les parents ni l’école ne le prescrivent : la commission des droits et de l’autonomie de la MDPH décide de cette aide, l’Éducation nationale l’organise.

Ce que fait l’AESH pendant la journée de classe

Pour Mon Parcours Handicap, le site d’information de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, l’accompagnant répond à un besoin de compensation validé par la CDAPH, avec un objectif précis : favoriser l’autonomie de l’élève dans les apprentissages. L’enfant doit peu à peu réussir avec moins d’aide, pas grâce à l’adulte.

Concrètement, l’accompagnant d’élève intervient dans trois registres, que la CDAPH précise dans le projet personnalisé de scolarisation :

  • Les actes de la vie quotidienne : se déplacer dans l’école, s’installer, ranger ses affaires, passer au réfectoire.
  • L’accès aux apprentissages : aider à la prise de notes, rappeler une consigne, manipuler le matériel d’une expérience.
  • La vie sociale et relationnelle : faciliter un échange avec un camarade, repérer une tension avant qu’elle ne déborde.

Service-public.fr résume sa place en une formule : l’AESH intervient dans la classe « en concertation avec l’enseignant ». Membre de l’équipe éducative, il participe aux réunions de l’équipe de suivi de la scolarisation, où ses observations quotidiennes pèsent pour ajuster les aménagements.

Ce qui ne relève pas de l’AESH

Quatre confusions reviennent souvent, chez les familles comme dans les équipes :

  • Faire à la place de l’enfant. Écrire tout l’exercice sous sa dictée alors qu’il peut en copier une partie va contre l’objectif d’autonomie.
  • Enseigner. La séance, ses objectifs et l’évaluation relèvent de l’enseignant.
  • Soigner ou rééduquer. Les gestes qui demandent une qualification médicale ou paramédicale restent hors de son champ ; la rééducation passe par les professionnels de santé ou par un SESSAD, qui peut intervenir à l’école si le PPS le prévoit.
  • Gérer le dossier. Notification, heures, orientation : ces questions se traitent avec l’enseignant référent.

En ULIS, un AESH collectif est déjà affecté au groupe. Selon Mon Parcours Handicap, sauf exception ou besoin particulier, un AESH individualisé n’est alors pas nécessaire. Notre article sur l’ULIS et l’inclusion scolaire détaille ce dispositif.

Mains d’adulte guidant une règle sur une feuille blanche posée sur un pupitre

Aide individuelle ou aide mutualisée : lire la notification

Le sigle AESH recouvre trois formes d’aide humaine, et la notification dit laquelle s’applique. L’article L351-3 du Code de l’éducation, en vigueur depuis le 2 septembre 2019, en fixe la mécanique :

  • L’aide individuelle : l’élève requiert une attention soutenue et continue. L’adulte reste à proximité immédiate, sans s’occuper d’un autre enfant au même moment, et la commission fixe une quotité horaire.
  • L’aide mutualisée : l’accompagnant suit plusieurs élèves, simultanément ou successivement. La commission en arrête le principe et les activités principales, sans fixer d’heures.
  • L’aide collective en ULIS : l’adulte est rattaché au dispositif, pas à un enfant désigné.

La différence est très concrète. Avec une aide individuelle, les heures notifiées deviennent un repère vérifiable, à comparer avec l’emploi du temps réel de l’accompagnant. Avec une aide mutualisée, l’Éducation nationale répartit le temps de l’adulte entre les élèves selon leurs besoins du moment.

Le même article prévoit une option peu connue : quand la continuité de l’aide est nécessaire en raison de la nature du handicap, l’aide individuelle peut être confiée à une association conventionnée avec l’État, en accord avec la famille.

L’aide humaine n’est pas la seule réponse possible. Service-public.fr cite aussi le matériel adapté, un ordinateur équipé de logiciels par exemple, l’intervention d’un SESSAD ou un temps partiel.

De la demande à la notification : le circuit du PPS

Aucune aide humaine n’existe en dehors du PPS, le projet personnalisé de scolarisation, qui fixe aménagements, aides et orientation. Service-public.fr, dans une fiche vérifiée le 27 mars 2026, décrit cinq étapes :

  1. Les parents déposent la demande auprès de la MDPH, en ligne ou par formulaire.
  2. L’équipe de suivi de la scolarisation ou l’équipe éducative décrit les besoins observés en classe dans le GEVA-Sco, le guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation.
  3. L’équipe pluridisciplinaire d’évaluation de la MDPH analyse la situation et élabore le PPS.
  4. La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées décide dans un délai de quatre mois ; passé ce délai, son silence vaut rejet.
  5. Le PPS est transmis à la famille, au directeur d’école ou au chef d’établissement, et à l’enseignant référent.

Un point déroute beaucoup de parents : selon Mon Parcours Handicap, il ne revient ni à la famille ni aux enseignants de réclamer une aide humaine, mais de témoigner factuellement des besoins. Décrire la copie au tableau abandonnée, la consigne orale perdue ou la récréation passée à l’écart pèse plus qu’une demande d’AESH à plein temps.

Si l’équipe éducative juge un PPS nécessaire et que la famille n’a rien demandé, le directeur l’en avertit ; sans suite au bout de quatre mois, le directeur académique informe la MDPH, qui ouvre le dialogue.

La décision qui en découle, la notification CDAPH, n’est pas figée. Le PPS se met à jour au minimum à chaque changement de cycle ou d’orientation, et les parents peuvent demander son actualisation. Les pièces et délais côté MDPH figurent dans notre guide des démarches auprès de la MDPH.

Salle de classe vide et lumineuse avec un pupitre double au premier plan

PIAL et pôles d’appui : qui organise l’accompagnement

La CDAPH décide du droit, pas de la personne ni de son emploi du temps. Cette organisation revient aux PIAL, pôles inclusifs d’accompagnement localisés, que la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance a inscrits à l’article L351-3 du Code de l’éducation. Créés dans chaque département, ils coordonnent l’accompagnement humain des écoles et établissements publics et privés sous contrat.

Conséquence directe : l’adulte qui accompagne votre enfant peut suivre plusieurs élèves, voire plusieurs écoles. Un changement d’horaire ou d’accompagnant se pose d’abord au directeur, qui le relaie au pôle.

Les pôles d’appui à la scolarité, encore en préfiguration

Depuis la rentrée 2024, l’Éducation nationale préfigure des pôles d’appui à la scolarité, d’abord dans l’Aisne, la Côte-d’Or, l’Eure-et-Loir et le Var, selon une circulaire du 3 juillet 2024. Leur principe, rapporté par Banque des Territoires, service de la Caisse des dépôts : une réponse de premier niveau sans attendre une reconnaissance de handicap, la famille gardant la possibilité de saisir la MDPH. La proposition de loi qui devait les généraliser a échoué en commission mixte paritaire le 1er juillet 2025, et le Code de l’éducation, consulté sur Légifrance en octobre 2026, ne cite toujours que les PIAL.

Un contractuel de l’État, formé et épaulé

Selon l’article L917-1 du Code de l’éducation, les AESH sont des contractuels recrutés pour trois ans renouvelables une fois, avec un contrat à durée indéterminée ensuite, possible dès trois ans dans des conditions fixées par décret. Ils reçoivent une formation spécifique, et des AESH référents épaulent leurs collègues dans chaque département.

La cantine et les autres temps de la journée

Depuis la loi du 27 mai 2024, l’État rémunère les AESH sur le temps scolaire et la pause méridienne. Garderie, mercredi et centre de loisirs restent hors de cette règle, mais un accompagnant peut être mis à disposition de la collectivité organisatrice. Signalez ces besoins dès le GEVA-Sco.

Parents, enseignant, AESH, équipe de suivi : qui fait quoi

Les malentendus naissent souvent d’une attente adressée à la mauvaise personne :

  • Le directeur d’école ou le chef d’établissement est responsable de la mise en œuvre du PPS.
  • L’enseignant conçoit les séances et décide des adaptations pédagogiques.
  • L’AESH applique ces adaptations au plus près de l’élève et fait remonter ses observations.
  • L’enseignant référent suit le PPS, fait le lien avec la MDPH et reste votre premier contact.
  • L’équipe de suivi de la scolarisation réunit l’élève, ses parents, l’enseignant référent, les enseignants et les personnes chargées de l’aide.

Selon Mon Parcours Handicap, cette équipe se réunit au moins une fois par an, sur convocation de l’enseignant référent. Elle vérifie que les aides prévues sont en place, organise l’emploi du temps entre classe et soins, évalue le PPS et peut proposer une révision de l’orientation, avec l’accord des parents.

Au quotidien, l’accompagnement mutualisé ou individuel gagne à des règles simples :

  • Un canal unique avec l’enseignant, cahier de liaison ou rencontre régulière, plutôt que des échanges au portail.
  • Une information à l’AESH quand la journée risque de changer : nuit difficile, traitement modifié.
  • Deux ou trois exemples précis notés avant chaque réunion, et le compte rendu demandé ensuite.

Un PPS peut aussi être mis en place dans l’unité d’enseignement d’un ITEP ou d’un IME, avec un enseignant référent pour le suivre. Pour situer ces deux orientations, lisez notre article sur la différence entre ITEP et IME.

Cour d’école en fin de matinée avec deux silhouettes vues de dos au loin

Notification reçue, aucun AESH en classe : que faire

La situation n’a rien d’exceptionnel. Selon un décompte de la direction générale de l’enseignement scolaire rendu public fin octobre 2025, 48 726 enfants attendaient un AESH en septembre 2025, soit 14 % des enfants concernés, avec de forts écarts d’un département à l’autre.

L’absence d’accompagnant ne remet pas en cause la décision : la notification reste valable, c’est sa mise en œuvre qui manque. Les démarches se suivent dans cet ordre :

  1. Faites constater l’absence par écrit auprès du directeur, notification jointe.
  2. Prévenez l’enseignant référent et demandez une équipe de suivi pour fixer des aménagements transitoires.
  3. Écrivez aux services départementaux de l’Éducation nationale chargés des AESH, en rappelant la date et la forme d’aide notifiées.
  4. Notez les jours sans accompagnement et conservez chaque réponse.

Le temps partiel figure parmi les mesures que décide la CDAPH : il ne devrait pas être imposé par l’école faute d’adulte disponible. Si rien ne bouge, le recours change de juge. Le refus d’attribuer l’aide relève de la MDPH puis du tribunal judiciaire ; le défaut d’affectation d’un accompagnant notifié se porte devant le tribunal administratif, y compris en référé si l’urgence se justifie. Le Défenseur des droits peut aussi être saisi. Ces voies prolongent les droits des personnes handicapées.

Contester la décision de la CDAPH

La commission a refusé l’aide humaine, ou notifié une aide mutualisée pour un enfant qui a besoin d’une présence continue ? Service-public.fr, dans une fiche vérifiée le 23 avril 2026, balise la voie :

  • Un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH, dans les deux mois suivant la réception de la décision, celle-ci jointe au courrier.
  • Le silence de la MDPH pendant deux mois vaut rejet.
  • À compter de la réponse, explicite ou implicite, un délai de deux mois pour saisir le tribunal judiciaire du lieu de résidence.

Un recours gagne en force avec des éléments nouveaux : bilan récent, observations écrites de l’enseignant, compte rendu d’équipe de suivi décrivant les moments où l’aide manque.

Prochaine étape : relisez la notification ligne par ligne, forme d’aide, quotité horaire, activités principales, durée de validité, puis demandez à l’enseignant référent la date de la prochaine équipe de suivi. Ces deux repères suffisent pour vérifier si l’accompagnement vécu en classe correspond à celui qui a été décidé.

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